07 septembre 2009
Quoi de neuf ? Jaurès, bien sur !
A l'occasion de son anniversaire, entretien exclusif avec Jean Jaurès.
" Il faut des solutions sociales nouvelles "
En 150 ans, trouvez-vous que les choses ont beaucoup changé chez nous ?
Je me souviens qu'arrivé tout jeune à Paris, je fus saisi un soir d'hiver d'une sorte d'épouvante sociale. Il me semblait que les milliers et les milliers d'hommes passaient sans se connaître et je me demandai comment tous ces êtres acceptaient l'inégale répartition des biens et des maux, comment l'énorme structure sociale ne tombait pas en dissolution. Cet homme qui passait en grelottant aurait jugé sans doute moins insensé et moins difficile de prendre dans ses deux mains toutes les pierres du grand Paris pour se construire une maison nouvelle, que de refondre le système social.
Ce système, le capitalisme, vous l'avez combattu, sans être marxiste.
Aujourd'hui il connaît une crise sans précédent. Pensez-vous qu'on puisse le changer ?
Le " moraliser " comme certains le disent ?
Il ne suffit pas d'apporter des protestations indignées. Il ne suffit pas de flétrir et de dénoncer les scandales, il faut dire encore comment on entend les déraciner et en empêcher le retour. Je dis qu'au moment où l'on voit qu'un état nouveau, l’état financier, a surgi dans l’état démocratique, avec sa puissance à lui, ses ressorts à lui, ses organes à lui, ses fonds secrets à lui, c'est une contradiction lamentable que de ne pas entreprendre la lutte contre cette puissance qui détient les banques, toutes les grandes entreprises.
Vous parlez de lutter contre, mais lorsque vous lisez les déclarations
de certains de vos amis socialistes qui se déclarent aujourd'hui " libéraux ",
cela vous choque-t-il ?
Il a fallu à une élite prolétarienne un effort d'esprit prodigieux pour arriver à entrevoir, au-dessus de l'ordre social présent, la possibilité d'un ordre nouveau. Mais cette élite même, précisément parce qu'elle comprend le capitalisme, ne le rejette pas totalement. Je dis qu'il ne suffit pas d'apporter de vagues protestations mais qu'à des solutions morales nouvelles, il faut donner comme sanction et garantie des solutions sociales nouvelles.
Donc vous restez farouchement du côté du " petit "...
Il est, lui, sans garantie aucune et sans lendemain, chassé de l'atelier. Son travail n’est plus qu'une marchandise que les détenteurs du capital acceptent ou refusent à leur gré… Il est la proie de tous les hasards de toutes les servitudes et, à tout moment peut être jeté dans la rue.
Mais, on vient de la voir avec les " Conti ", la révolte,
la colère, la désespérance même sont réprimées...
Entre cette société qu'on appelle régulière et polie, d'une part, et d'autre part, tous ces déshérités qui vivent sans pain, sans foyer, sans lendemain, au hasard des embauchages et des renvois, l'ordre capitaliste a creusé un tel abîme... J'ai l'intention de demander au gouvernement simplement ceci : " Pourquoi vous êtes-vous montré, depuis quelques mois, dans vos recherches, dans vos perquisitions, si méfiant, si ombrageux envers des militants ouvriers ? "
Vous considérez que les médias en général ne sont jamais favorables aux ouvriers, aux petites gens ?
Que voyons-nous, en effet ? Que la puissance de l'argent a réussi à s'emparer des organes de l'opinion et à fausser à sa source, c'est-à-dire dans l'information publique, la conscience nationale.
Et lorsque Nicolas Sarkozy revendique
votre " héritage "... ?
Le courage, c'est de chercher la vérité et de la dire, c'est de ne pas subir la loi du mensonge triomphant qui passe et de ne pas faire écho aux applaudissements imbéciles et aux huées fanatiques Je ne reproche pas à monsieur le président d'être un chef de parti mais j'ai le droit, comme républicain, de dire pourquoi il m'est impossible de répondre à l'appel qu'il m'a adressé.
Une dernière question : dans le cadre d'une primaire
à gauche... seriez-vous potentiellement candidat ?
Eh bien ! Citoyens, dans l'obscurité qui nous environne, dans l'incertitude profonde où nous sommes de ce que sera demain... Je ne veux prononcer aucune parole téméraire, j'aurais honte de moi-même, citoyens, s'il y avait parmi vous un seul qui puisse croire que je cherche à tourner au profit d'une victoire électorale, si précieuse qu'elle puisse être.
(Comme il se doit, tous les propos de Jean Jaurès sont extraits de ses discours et/ou interventions à la Chambre des députés)
24 juin 2009
Bling bling
Le mec qui se tape un voyage à Rome pour se payer un ersatz de Mitterand me fait obligatoirement penser à la nénette qui s'achète un sac Channel au marché de Vintimille : ça en jette auprès des copines de bureau mais ça ne leurre personne d'autre
16 juin 2009
Coté cour, coté jardin
Décidément, ces anglo-saxons ne font rien qu'à nous copier et nous plagier : après Michèle Obama installant un potager bio au pied de la Maison Blanche, on vient d'apprendre que la reine Elizabeth II a autorisé la mise en culture d'un potager dans l'enceinte du palais de Buckingham.
C'est lamentable ! Chez nous, ça fait bien deux ans maintenant que les grosses légumes se développent à l'Elysée.
11 février 2009
LA MAIN DE BARACK ET LE POIGNET DE SARKO
Al Lunney, le maire de Mississippi Mills, une bourgade de 12.000 habitants située à 100 Km à l'ouest d'Ottawa vient d'inviter Barack Obama à lui rendre visite.
Il faut savoir que c'est dans cette riante localité qu'est né, en 1861, James Naismith, l'inventeur du basket-ball. Et on connait la passion que le président des Etats Unis porte à ce sport.
Du côté de l'Elysée on s'attend donc à être invité prochainement à Rolexville. Mais on attend encore. Pour l'heure.
05 février 2009
L'IMPORTANT C'EST DE COLLABORER !
Avec Eric Besson, l’Histoire bégaye :
pour être un bon Français, il suffira de donner un réseau. Décidément, c’est reparti comme en 40 !
02 octobre 2008
MIGNON.... TOUT PLEIN
Une personne qui se nomme Mignon ne peut pas foncièrement être antipathique. A quarante balais, Emmanuelle Mignon, conseillère de Nicolas Sarkozy aura préparé depuis mai dernier les assises de la presse en toute discrétion.
Qualifiée de " plume alerte " par le président, il est logique qu’elle travaille sur la presse.
En revanche, Emmanuelle Mignon n’aime pas trop que la presse travaille sur elle.
Est-ce à cause de ses positons en matière de religion (" les sectes sont un non-problème en France " c’était elle) ? Où sa manière de régler le problème du pouvoir d’achat (l’augmentation du salaire du président, c’est elle aussi) ? Toujours est-il que la plume est un peu plombée… Et qu’il vaut mieux être en alerte.
13 août 2008
S'ENTRAINER PLUS POUR GAGNER PLUS ?
Il y a quelque chose qui cloche : afin de suivre les jeux olympiques en direct à la télévision, j’appartiens, depuis plusieurs jours, à " La France qui se lève tôt ". Mais je n’ai pas pour autant l’impression d’appartenir à la France qui gagne...
06 mai 2008
QUAND HUGO JUGE SARKO...
On a beaucoup parlé de " la rupture ". Pour vous, qu’est-ce que cela signifie depuis un an ?
J'ai des frémissements, je frissonne indigné. Je sens l'ascension lugubre de la honte. Morne angoisse. On copie en rapine, en fraude, en brigandage... On a pour chef des rois escapres, et ces princes ont des ministres comme un larron a des pinces. On foule sous ses pieds le scrupule aux abois, en somme on dévalise un peuple au coin d'un bois. On détrousse, on dépouille, on grinche on rafle, on pille...
Pour vous, donc, la droite " décomplexée " c’est le libéralisme à tout va…
Partout le néant prévaut. Pour déchirer notre histoire, nos lois, nos droits ; pour dévorer l'avenir de nos fils et les os de nos pères, les bêtes de la nuit sortent de leurs repaires. Sophistes et soudards resserrent leur réseau. Le titan d'aujourd'hui, c'est le millionnaire.
Le côté " bling bling " ce ne doit pas être votre tasse de thé ?
Il aime les palais. Il lui convient d'avoir des chevaux, des valets, de l'argent pour son jeu, sa table, son alcôve. Il veut avoir Saint-Cloud, plein de roses l'été, où viendront l'adorer les préfets et les maires.
Et que pensez-vous des " sorties " de notre président, je pense à ce qui s’est passé avec le pêcheur breton ou encore au Salon de l’agriculture…
Il advint que cet homme un jour songea : je règne. Oui, mais on me méprise, il faut que l'on me craigne… Un nain peut à sa petitesse ajouter son venin : " Qu'es-tu ? Quoi ? Tu descends de là-haut misérable ? " Qu'on vous méprise, ayez quelque titre à la haine et l'on verra. Sinon, allez vous en.
Mais pourtant il a été élu avec une confortable avance il y a un an…
Que voulez-vous ? la bourse allait mal : on craignait la république rouge, et même un peu la rose… Il fallait bien finir par faire quelque chose. On trouve ce coquin, on le fait empereur… C'est tout simple. - On voulait éviter la terreur, on s'est réfugié dans cette escroquerie.
Vous comprenez qu’il puisse y avoir autant de déçus du sarkosysme un an après ?
Cet homme étonne après tant de jours beaux et rudes, par son indifférence au fond des turpitudes ceux mêmes qu'ont d'abord ébloui ses vertus : il est Falstaff après avoir été Brutus.
Je suppose que vous êtes solidaire des sans papiers…
Pour avoir sous son chaume abrité des proscrits, ce vieillard est au bagne, et l'on entend ses cris. Déclarer que les prisons, les grilles, les barreaux, les geôliers et l'exil ténébreux ayant été mauvais pour nous sont bons pour eux ? Non ! je n'ôterai, moi, la patrie à personne !
Parmi ses réussites, on parle souvent du mini traité européen même si tout le boulot a été fait par Angela Merkens…
Comme la Prusse le voudrait, la France serait comme un verre sur la table d'un cabaret ; on le vide puis on le brise. Notre fier pays disparaît…
Vous étiez favorable à un nouveau référendum ?
Tu t'es fait jeter des pierres à Bruxelles. On ne met point aux voix ce droit suprême… Tenez pour certains qu'on n'escamote pas la France un beau matin.
… Mais opposé au paquet fiscal je présume…
D'un côté tout un peuple, et de l'autre une clique. Vous avez des poches assez grandes pour y mettre tout l'or du pays, les offrandes des pauvres, le budget, tous nos millions mais pour y mettre nos droit, notre honneur, jamais. Jamais vous n'y mettrez la grande République.
Je vous sens très pessimiste pour les quatre prochaines années...
Ce serait une erreur de croire que ces choses finiront par des chants et des apothéoses. Certes, il viendra, le rude et fatal châtiment . Jamais l'arrêt d'en haut ne recule et ne ment. Mais ces jours effrayants seront des jours sublimes…
Et donc, pour conclure ?
Ceux qui vivent, ce sont ceux qui luttent…
Note : Tous les propos de Victor Hugo sont extraits de " Les Châtiments " et " L’Année terrible "
Quelques réponses signées Victor Hugo.
27 février 2008
LA METHODE A SARKO
Sa visite du salon de l'agriculture aura eu un mérite :
grâce aux nombreux comptes rendus parus dans la presse étrangère, je sais enfin dire "Casse toi pauvre con" en anglais, en espagnol, en italien, en allemand, en turc, en slovène, en japonais, en mandarin, en russe et encore j'en oublie...
21 février 2008
VOEUX PIEU
On ne parle que de cela : la religion et le service public de l'audiovisuel.
D'où ma question : sur une chaine telle que France 2 enfin débarrassée de la pub, les athés, mécréants, libres penseurs et autres incroyants auront-ils le droit de s'exprimer le dimanche matin sur les antennes ?